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5ème jour : L'Oasis de Siwa ( ou Siouah ou Sioua )

Loin de l'agitation touristique et mercantile des pyramides du Caire, une autre Egypte, plus naturelle, plus authentique, s'offre à nous.

L'oasis de Siwa est la plus au nord des 5 grandes oasis du désert libyen.

Cette oasis luxuriante s'étend à 305 km au Sud-ouest de Marsa Matrouh et à 550 km à l'Ouest du Caire près de la frontière Libyenne. Située dans une vaste dépression à 12m en dessous du niveau de la mer, elle occupe une cuvette de 9 à 28 km de large et de 80 km de long.

Longtemps refermée sur elle-même, elle demeure très traditionnelle et tente de garder ses valeurs ancestrales. Les Siwis sont des descendants des Berbères et ils ont conservé la langue siwie ( qui n'a rien à voir avec l'arabe ) et des mœurs très puritaines ( toutes les femmes sortent couvertes des pieds à la tête ). A siwa, on circule essentiellement à vélo, en charrette ou à dos d'âne. Les véhicules sont généralement des camions, des jeeps de l'armée ou des guides locaux, ou les rares voitures des touristes de passage.

Siwa est probablement l'un des endroits les plus pittoresques et idylliques d'Egypte. Sur fond de collines érodées impressionnantes et de dunes ondoyantes, Siwa surgit comme un mirage : les palmiers-dattiers verdoyants y abritent des villages en brique crue, que relient des torrents, des sources et des terrains irrigués.

Les dattes et les olives de Siwa sont célèbres dans toute l'Egypte.

Voilà pour la petite introduction culturelle ( et sérieuse ). Reprenons maintenant le fil de nos aventures.

Nous partons tôt le matin, je laisse une marge de manœuvre au cas où nous viendrions à nous perdre. Ce qui arrive inévitablement.

Pour sortir de Salloum, il y a seulement 3 directions : Alexandrie, Salloum et Siwa. Nous tournons en rond pendant près d'une heure ( et 80 km ) en cherchant désespérément la route pour Siwa. Nous ne trouvons que des panneaux pour Salloum et Alexandrie .

J'essaie de lire ma carte IGN mais je m’aperçois que cette partie de l'Egypte n'est même pas détaillée ( échelle 1cm = 50km ). Autant chercher Vesoul sur une carte du monde !

Une fois de plus, c'est un piéton qui se propose de monter dans notre voiture et nous guide, bonheur, jusqu'à notre route.

En espérant ne pas nous perdre sur les 300 km de ligne droite que nous devons parcourir .

Côté téléphone portable, ils assurent les Egyptiens. Sur les 2500 km que nous avons parcourus, à tout moment , le réseau MOBILNIL ( équivalent ORANGE ) était disponible.

Même en plein désert, nous trouvons tous les 20 km environ des relais de téléphonie mobile autonomes ( alimentation par panneaux solaires ).

Au loin, des dromadaires ..

Dans cette immensité désertique, le moindre panneau devient tout de suite sympathique. Par contre, j'ignore encore à ce jour sa signification ( Klaxon interdit, sortie d'école ou plein d'essence recommandé ? ) Mystère.

Et hop, encore un panneau inconnu. La signalétique triangulaire avec bordure rouge indique vraisemblablement un danger mais lequel ?

 

et soudain, à mi-chemin exactement entre Marsa Matrouh et Siwa, apparaît ce petit café.

L'expression "Perdu au milieu du désert" prend toute sa signification ici.

Au nord : rien ,au sud : rien, à l'ouest : rien, à l'est : rien.

Une aire de repos . Nous ne nous y arrêtons pas : trop de monde et trop de circulation.

On ne doit pas rigoler tous les jours sur Mars si c'est comme ça partout ( avec le ciel bleu en moins )

Sur la route, nous nous arrêtons pour chercher des fossiles et trouvons un spécimen intéressant :

Canettum coca post impérialum américandco

Courage. L'oasis n'est plus très loin ( instructifs ces panneaux, je sais écrire le 8 et le 5 ) .

La végétation commence à faire son apparition.

A l'entrée de Siwa, nous trouvons directement l'office du tourisme. Nous rencontrons Mahdi Hweiti, le responsable , avec qui nous avions déjà communiqué par courriel depuis la France. Autour d'un thé, sur la terrasse surplombant Siwa, nous réglons les derniers détails pour l'excursion prévue dans sa Jeep et nous donnons rendez-vous à 14h00. Mahdi est très gentil et demeure une personne incontournable à Siwa.

Dans son bureau, Emile, après avoir louché lourdement sur la collection de pierres de Mehdi, réussi à troquer un bout de caillou quelconque du désert présent dans sa poche, contre une belle pierre . Ceci sans prononcer un mot d'anglais ou d'arabe ( qu'il ne connaît pas d'ailleurs ).

Nous arrivons alors à notre Hôtel : Le Shali Lodge. Construit en matériaux traditionnels au cur d'une palmeraie, c'est une réussite en matière d'écotourisme et de développement durable. Les sept chambres immenses sont protégées de murs épais en briques de terre. Accueil chaleureux, déco berbère, cadre splendide au cur de la ville de Siwa . Un endroit exceptionnel.

L'accès extérieur aux chambres permet d'avoir une vue sur la palmeraie dans laquelle est situé l'hôtel.

Les volets intérieurs présentent un système de fermeture particulièrement apprécié d'Emile.

Confortable la banquette mais attention, les bords sont en pierre .

Les femmes et les jeunes filles Siwi fabriquent de belles corbeilles et des paniers finement tressés avec des feuilles de palmier-dattier tous richement colorés .

Internet est décidément partout.

Les charrettes ( ou caretas ) restent le moyen de transport préféré des oasiens.

Forteresse de Shali : Il ne reste plus aujourd'hui que des ruines de ce qui fut la forteresse de Shali ( la ville en berbère ) , dont la construction remonte à l'an 1203. Jusqu'au siècle dernier, elle dressait ses hauts murs de plus de 10m, véritables remparts derrière lesquels se concentraient des maisons de 4 à 6 étages le long de ruelles étroites et de passages couverts. Ce sont de terribles pluies qui eurent raison de la solide forteresse, faite de concrétions de sel et de terre. Les premières, qui tombèrent 3 jours durant en 1928, ont dissous en partie le sel, provoquant l'écoulement d'un grand nombre de maisons ; d'autres, en 1970, puis un orage en 1982 provoqua l'abandon des vieilles demeures.

Le site reste fabuleux, et, depuis le haut de la colline, la vue sur toute l'oasis et les lacs qui l'entourent est magnifique..

 

L'oasis en elle-même constitue l'une des principales attractions de Siwa : elle compte plus de 300000 palmiers ( je les ai compté !! ) et 70000 oliviers ( c'est Emile qui s'en est chargé !! ) et un grand nombre d'arbres fruitiers. Sa végétation est irriguée par plus de 300 sources et ruisseaux d'eau douce.

En suivant, à travers la palmeraie, le sentier que mène au temple d'Amon, nous arrivons aux bains de Cléopâtre ( source de Juba ). L'eau de cette source naturelle coule à l'intérieur d'un bassin en pierre, lieu de baignade prisé des oasiens.

Au sud de Siwa, on trouve le Gebel Dakrour, point de repère dans le paysage de Siwa.

En partant vers l'est, une longue digue traverse le Birket Azmouri, grand lac salé qui débute derrière le Gebel Dakrour.

Une fois le lac passé, on trouve, quelques kilomètres plus loin, le site de Qurayshat avec presse à olives de l'époque romaine, temple ptolémaïque et source munie d'un grand bassin.

A 3 km, se trouve la source la plus propre de Siwa : Abu Shuruf ( Abou Shourouf )

Le grand bassin est ovale ( et non circulaire comme partout ailleurs ) . Ce bassin de 4 mètres de profondeur - d'une clarté exceptionnelle et avec, en prime, des petits poissons - est resté intact depuis l'époque romaine. Les habitants considèrent Abu Shuruf comme la source la plus propre et la plus grande de l'oasis. L'eau s'écoule dans le lac Zeitoun, un autre lac salé de très grandes dimensions.

On distingue bien avec Google Earth la forme ovale du bassin. Les heureux possesseurs d'un GPS de rando pourront retrouver précisément le point à l'aide des coordonnées sexagésimales : Latitude Nord 29°10'58 - Longitude Est 25°44'35

Tant qu'à avoir dans mes bagages un thermomètre, autant mesurer la température de l'eau. Pour ceux qui viennent d'arriver sur cette page, je précise que ne suis pas fou ( pas encore du moins ) et que le thermomètre était initialement destiné à mesurer la température de l'air lors de l'éclipse totale de soleil.

Justement, la température de l'air étant de 21°C, je confirme que la source d'Abu Shuruf est une source chaude ( 28°C ), qui plus est, légèrement salée.

Un âne ( à droite de la photo ) et sa carriole. Moyen de locomotion privilégié à Siwa.

Plus à l'est, Az-Zeitoun, village abandonné battu par le sable et le vent, surgit seul dans la plaine sablonneuse. On s'y promène dans les ruelles étroites et les maisons de pisé en partie écroulées.

En Franche-Comté, les poutres sont en sapin, ici, c'est en palmier. Logique

Ain safi, à 3 km d'Az-Zeitoun, est occupé par une trentaine de familles bédouines ; le village constitue la dernière enclave d'habitations humaines avant l'immense muraille de dunes qui s'étire sur des centaines de kilomètres jusqu'à l'oasis de Kharga.

Nous nous dirigeons alors, dans la jeep de Mehdi, en direction de la grande mer de sable.

Emile, avec son sachet rempli de roses des sables.

Au loin , Emile et Thomas.

De retour à l’hôtel, Emile vide ses poches en plein milieu de la chambre ..